BRUXELLES — Lorsque les responsables de la sécurité français et allemands ont annoncé le mois dernier leur intention de mettre en place une "infrastructure numérique européenne souveraine", les initiés des secteurs de la technologie et de la défense des deux côtés de l'Atlantique ont tout de suite compris ce qu'ils voulaient vraiment dire : "Adieu Palantir".
Partout en Europe, on recherche activement des alternatives à cette société américaine spécialisée dans l'analyse de données, que de plus en plus de responsables gouvernementaux jugent trop impliquée dans certains des domaines les plus sensibles de l'action publique, allant des services de police locaux et du renseignement international à la défense nationale et aux systèmes de santé.
Mais il sera extrêmement difficile pour l'Europe, dans sa quête de souveraineté numérique, de se passer de Palentir, dont l'expertise en matière de données, largement inégalée, a pris une place essentielle dans les procédures quotidiennes.